A priori, les "techniques de communication" sont supposées être des outils rationnels et "techniques" (avec un accent particulier sur le "contenu" à transmettre, et la manière la plus efficace pour le faire), permettant des échanges francs, honnêtes (loin de toute tentative de manipulation), et surtout fructueux (le message doit être bien compris par le receveur).

Cela part d'une hypothèse sous-jacente: les humains sont des êtres rationnels, cherchant à maximiser leurs profits, et sont à l'affût de toute information logique et rationnelle capable de les aider à atteindre cet objectif.

Malheureusement la réalité est autre: les humains sont avant tout des êtres chez qui domine le côté émotionnel; leur comportement est dicté par leur émotion du moment : peur, angoisse, anxiété, timidité, agressivité…etc. Peters et Waterman, dans "le prix de l'excellence" expriment ce paradoxe de la manière suivante: "le grand problème qui se pose lorsqu'on aborde l'organisation d'un point de vue rationaliste, c'est que les gens ne sont guère rationnels…toutes les recherches suggèrent simplement que les entreprises regorgent à 100% d'être émotionnels très irrationnels"

La communication, comme tout comportement humain, subit de plein fouet ce paradoxe: si à priori chacun cherche à communiquer des "contenus" rationnels et logiques, dans la réalité chacun communique sous l'impulsion et la domination de ses émotions du moment, elles-mêmes sous influence du "contexte" dans lequel se déroule la communication. Il suffit pour s'en convaincre de se remémorer des situations qui étaient supposées être des situations de communication et qui ont tournés au conflit et au règlement de compte: cela va de la simple "scène de ménage" à propos du lieu des vacances, à l'élection du bureau syndical.

L'approche psychologique de la communication part du constat que l'être humain est un être complexe qui agit sous l'effet de ses propres  émotions, et réagit aux émotions et aux attitudes des autres, selon un processus appelé "interaction".

Elle stipule également que toute situation de face à face est vécue comme une situation génératrice d'anxiété, situation qui interpelle des "mécanismes de défense" pour lutter contre cette anxiété, et que par conséquent, le "contenu" de la communication passe en arrière plan: demander à un timide, à un anxieux ou à quelqu'un qui souffre de bégaiement ce qu'il en pense !. Son problème, ce n'est pas le contenu à débattre (et qu'il peut parfaitement maîtriser), mais bien le trac, la timidité, et l'anxiété du face à face.

Sous cet angle, communiquer efficacement revient à s'affirmer dans une relation à deux ou à plusieurs, sans peur, sans anxiété, et sans agressivité. Cela suppose d'abord une certaine maîtrise de soi: prise de conscience de ses modes de communication "réflexes", connaissance de sa personnalité, de ses "mécanismes de défense". Cela suppose également la connaissance de l'autre et la prise de conscience "bienveillante" de la différence de  cet "autre", et de son droit à s'affirmer à son tour, sans peur ni agressivité. Sous cet angle, l'art de la  "communication efficace", devient, comme le dit si bien Watzlawick dans sa "logique de la communication", l'art du bien être partagé.