Allo les jeunes, WachFhamtouna, Conférences,  Podcast et autres. Quel est le message qu'essaye Karim Kanoute de communiquer aux jeunes marocains ?

Personnellement, je fais partie de ces gens qui croient que pour arriver à faire passer notre mission de vie, il faut en avoir une seule à très long terme, et pour y arriver il faut diversifier les chemins. C’est ainsi que je vais me faciliter la tâche et je ne vais pas m’ennuyer en cour de route. C’est-à-dire que je transmets pratiquement le même message à travers la télé, la radio, YouTube, Facebook, twitter, les conférences, etc. Le message que j’essaie de transmettre au monde est venir pour dire aux gens et surtout à ceux qui ne croient pas en eux, ceux qui manquent de confiance et de ressources ; parce que moi aussi j’ai manqué de ressource à une époque de ma vie, j’ai manqué de ressources surtout matérielles, j’ai manqué d’expérience et de motivation. Mon message est que « c’est possible d’atteindre un niveau d’excellence, de vivre une vie sur mesure, si je le décide de le faire » je suis un message d’espoir pour les jeunes démunis, pour les jeunes motivés, pour les gens qui manquent de confiance, etc. pour les gens de manière générale »

N’importe qui se sent faible et inférieur aux autres, je suis là pour lui dire, que je suis là , jeune, de petite taille, issue d’une famille pauvre, et je suis en train de réussir ma vie. Et que vous aussi vous pouvez le faire. Je le dis et je le transmets à travers mon histoire, si vous suivez comment j’ai commencé, mes premières photos,  mes premiers postes sur Facebook, et les derniers, vous allez sentir la différence.

 

D'après vous, quels sont les plus importantes compétences, attitudes, connaissances et autres que doit avoir un coach ?

C’est nécessaire d’avoir la prédisposition à aider les gens, être à l’écoute, avoir l’humilité, ne pas juger les autres, et croire en les autres. 

Deuxièment,  il faut maîtriser les onze compétences du coach; Ces onze compétences sont primordiales pour l’éthique du coach mais aussi pour la pertinence.

L’attitude, c’est comme je viens de vous parler, il s'agit de l’attitude du service, l’attitude basse c’est-à-dire, ne pas se considérer comme une personne qui sait tout, une personne qui vient pour sauver, mais plutôt se considérer comme une personne qui est là pour permettre à une autre de créer un espace dans lequel il va réfléchir autour de ce qu’il est et de ce qu’il fait, de se permettre de rêver et de transformer ses rêves en objectifs et de se donner l’opportunité de passer à l’action et de croire en lui-même.

A ceci j’ajoute les connaissances en matière de la  psychologie, la PNL, de l'hypnose, de l’histoire, de la psychogénéalogie, etc. l’ensemble des connaissances qui peuvent me permettre d’avoir une vision globale, de connaître l’humain de l’intérieur comme de l’extérieur. L’intérieur porte sur la psychologie, et tout ce qui va avec, et l’extérieur touche la sociologie, l’économie d’un pays, l’internet, comprendre comment les jeunes pensent, comprendre comment le système marche dans un pays tant au domaine économique, sociale, etc. Bref il s’agit d’avoir 80%  de connaissances sur le domaine de coaching, de développement personnel et de psychologie, et d’avoir 20% de connaissances sur le reste , et donc avoir une certaine culture générale sur le pays, la ville, la génération et la cible concernés du coaching.

 

Un coach à l’âge de 25 ans. Ne voyez vous pas qu'une certaine expérience est nécessaire pour se positionner comme étant coach ? 

J’adore cette question ! Aujourd’hui j’ai 31 ans, j’ai pratiqué le coaching à l’âge de 25ans, et à l’époque, ils m’avaient dit que c’est un peu difficile, un coach de 25 ans, etc. Tu es encore jeune. Cela veut dire qu’ils ont mis comme argument à mon échec le fait que je suis jeune, et aujourd’hui à l’âge de 31 ans, on me dit que si t’as pu accomplir tout ce que tu as fait jusqu’aujourd’hui c’est parce que tu es jeune. Et là, ma plus grande faiblesse devient  ma plus grande force.

Par rapport à l’expérience, personnellement, je crois à une chose c’est qu’il y a des gens qui ont un an d’expérience fois trente. Cela ne veut pas dire qu’ils ont trente ans d’expérience. Et moi, si vous me permettez de dire, j’ai 31 ans, et plus de 20 ans d’expériences, si j’ose dire parce que j’ai commencé à travailler depuis l’âge de 10 ans, je travaillais pratiquement après l’école, chaque jour, les week-ends, pendant les vacances pour pouvoir payer mes études. Pour moi, ça c’est de la vraie expérience.  Car sortir travailler depuis l’âge de 10 ans m’a permis d’acquérir de l’expérience dans tous les domaines possibles pour un enfant et un jeune. Effectivement j’ai travaillé comme un serveur, un vendeur de légumes et de fruits, j’ai travaillé avec des mécaniciens, etc. Pour moi, c’est de la vraie expérience. J’ai forgé ma personnalité depuis tout jeune, et j’ai toujours eu comme amis des gens qui sont plus âgés que moi. C’est pour cela que je trouve que l’expérience est liée à la sagesse de la personne, et la sagesse ne s’acquiert pas en cumulant un certain nombre d’année, mais plutôt, en cumulant de l’expérience.

Si on prend l’exemple de Anass YAKINE, qui a fait le tour du Maroc à pied en 2 ans, et qui a pu acquérir l’expérience et la sagesse d’un homme à 60 ans. Et pour moi, cela est important de le dire.

Voilà pour conclure ma réponse, un coach n’est pas un consultant, c’est-à-dire il n’est pas censé tout savoir sur le sujet, ni sur la personne qu’il accompagne. C’est quelqu’un qui pose les questions, qui a des techniques très claires et des protocoles de coaching très précis à suivre. Bien évidement il reste question d’attitude, de synchronisation et puis de calibration, et ce sont des choses qu’on apprenne avec le temps. Depuis l’âge de 25 ans, j’ai pu développer certaines compétences par rapport au coaching et à l’accompagnement, parce que j’ai accompagné les diplomates, les entrepreneurs, les étudiants au lycée ou dans les écoles supérieurs, j’ai accompagné aussi des managers, des ingénieurs, etc. Et ce mélange m’a permis de développer ma compétence en tant que coach. Je ne sais pas tout, surtout, mais je sais comment poser des questions et comment pousser quelqu’un d’un point A à un point B, à trouver ses propres solutions et à passer à l’action pour avoir les résultats escomptés, c’est pas moi qui travaille à sa place, mais je le fait travailler. 

 

Tu étais parmi les premiers coachs à traiter des sujets coaching à la Radio. Comment  jugez-vous l'expérience ? 

 

Il y avait tout un débat autour de ça, parce que pour certains coachs, répondre à des questions sur la radio n’est pas déontologique par rapport au coaching. Personnellement, je trouve que la déontologie, est ce qui est écrit dans le code déontologique bien évidement, mais je suis un rebelle, depuis mon enfance, je ne crois pas aux règles ni aux choses toutes faites ni encore à la stagnation. Je crois tout le temps à l’évolution, à la créativité.

Dans mes passages radio, je ne donne jamais de solutions toutes faites, je ne donne pas de conseils, j’essaie d’écouter les gens, de leur donner de l’importance, de leur dire que je suis là pour les écouter et qu’il y a d’autres personnes qui ont le même problème. 

A travers les appels que je reçois sur le sujet que j’ai choisi pour la journée,  j’essaie de montrer aux gens qu’il n’est pas le seul à avoir le problème. Ce qui constitue une première prise de conscience qui peut aider la personne. Et j’essaie de décortiquer un petit peu  son problème, pour qu’il puisse voir plus clair.

J’essaie de donner des exemples des personnes que j’ai accompagnées, de donner des exemples de moi et de mon vécu pour qu’ils puissent s’en inspirer et trouver sa propre solution. Je ne donne pas la solution.

Mon objectif à travers mes passages radio, est de pousser les gens à l’action. Parfois un des auditeurs, en écoutant la radio, peut voir traiter le même problème dont il souffre. Il commence à écouter, il peut appeler ou non. Le plus important est le fait d’émerger chez lui une chose cachée, dont il commence à y réfléchir. Cette prise de conscience est très importante.

S’il commence à être motivé à travers les explications. S’il commence à comprendre la confiance en soi, ses mécanismes, ses possibilités de développement, alors qu’au départ, il croyait que les choses sont installées, et qu’il ne peut pas développer sa confiance en soi. C’est déjà bien. S’il passe à l’action c’est alors extraordinaire. C’est-à-dire que je lui ai poussé à l’action. Peu importe que ma solution et les pistes d’amélioration que j’ai proposées, sont adoptées ou non, le plus important est que, je lui ai poussé à l’action.

Si les autres coachs qui refusent le passage à la radio, car ils voient que cet acte est anti-déontologique. Ils n’ont qu’écouter mes passages radio et voir s’il y quelque chose d’anti-déontologique, …je ne crois pas.

Je dis tout le temps que je ne suis pas là pour donner des solutions aux gens à travers la radio.

Le deuxième problème qu’ils évoquent, est le secret professionnel. 

En ce  qui concerne ce problème, les personnes qui appellent, je ne leur demande pas leurs noms, ni leurs prénoms et je ne cherche pas des approfondissements, contrairement à d’autres émissions. Je cherche à savoir le problème, tout court, puis je réponds. Je ne rentre pas dans les détails. Et s’il y a quelqu’un qui désire plus d’approfondissement, je lui suggère de passer en off line ou de se rendre à mon cabinet. 

 

Radio, Téléphone, Skype ou en ligne, dans quelle mesure les nouvelles technologies peuvent aider le coach à mieux servir ses coachés et quelles sont les limites ?

 

La radio permet aux gens qui habitent les montagnes de savoir ce que c’est le coaching et d’en bénéficier, c’est une manière de démocratiser le coaching et de toucher les personnes qui écoutent la radio, notamment les personnes qui conduisent les voitures, les camions, les personnes qui habitent les petits patelins, etc.

C’est un domaine qui me tient à cœur, quand tu arrives à accéder chez des personnes, mais surtout ceux qui n’ont pas les moyens de consulter un coach.

J’ai déjà fait des séances par téléphone ou Skype, et ça marche à merveille. Surtout si déjà les premières séances, ont été faites en face à face ou si le problème n’est pas si profond.

Les NTIC aident les coaches et les coachés en leur facilitant la tâche. Si j’arrive par exemple à vendre la séance de coaching à distance, je pourrai réduire les tarifs. Les NTIC épargnent aux personnes qui habitent loin des déplacements. De ma part je dois me déplacer au cabinet, alors que je peux faire des séances à distance. Donc, je n’aurais pas beaucoup d’engagement par rapport à la personne. Donc je pourrais faire beaucoup plus de séances à distance, de l’accompagnement de groupe à distance,  et cela ne peut qu’aider. On doit exploiter la technologie qui n’est créée que pour faciliter la vie. Tôt ou tard, les coachs doivent comprendre cela. De ma part j’ai bien assimilé cela et j’ai commencé à exploiter les nouvelles technologies. J’ai pu instaurer un système de coaching de nouvelle manière pour accompagner les gens à distance.

Les limites de la nouvelle technologie, contrairement au face à face, qui permet de dégager une énergie grâce au regard qui a de l’importance, quoique Skype le permette, mais la présence a un impact très fort, surtout dans les cas où le coaching traite un sujet dur et important. Toutefois, je crois que la visio-conférence facilite la tâche, d’autant plus s’il y a une bonne connexion et qu’il n’y a pas un décalage, le contact peut passer à travers le regard. Et on peut faire des séances de coaching à distance. Mais les limites restent des limites, communiquer via Skype, n’est pas la même chose que être à ses cotées…cela a le même effet pour moi.

 

Un dernier mot aux lecteurs CoachUP?

Big up à l’équipe CoachUP pour les efforts déployés pour créer cette plateforme, qui réunit des gens, qui tourne autour du coaching, que ce soit les coachs, les thérapeutes aussi les passionnés de coaching, ceux qui veulent faire du coaching, mais également ceux qui veulent bénéficier du coaching…donc big up, bravo pour ce grand travail,  vous êtes en train de créer l’histoire du coaching au Maroc.

 

Les lecteurs du CoachUP, je leur demande de rester en contact avec nous, à travers CoachUP pare ce que c’est la plateforme qui va réunir tous les coachs marocains. Soyez tout le temps dans une position de prise de conscience par rapport à ce qui vous entoure. La vie passe très vite, il y a des gens qui vivent une vie inconsciente, et qui ont décidé de  continuer de vivre dans un cercle vicieux. Et cela n’est pas une vie qui mérite d’être vécue. La vie est plus intéressante que cela.

Il y a un message très important à faire passer à travers cet article, est que chacun de vous a quelque chose d’extraordinaire en lui, et moi j’ai l’habitude de dire que chacun d’entre nous sur terre mérite un prix Nobel sur quelque chose. Il suffit de le découvrir, ce n’est pas le fait de gagner un prix Nobel qui m’intéresse, mais le faite de dire qu’il y quelque chose d’extraordinaire au fond de chacun d’entre nous, s’il arrive à le détecter, sa vie aura un sens beaucoup plus important, il pourra goûter cette joie de vivre chaque moment, il pourra goûter cette joie d’ouvrir les yeux chaque jour et de pouvoir aller travailler et d’être heureux tous les jours et non seulement les week-ends et les jours des vacances. Donc travaillez sur vous et investissez en vous, vous êtes la source et l’essence de vous-même. Vous êtes l’énergie renouvelable, vous êtes une force extraordinaire, vous êtes ce qui est de précieux pour vous …. Donc ne laissez pas de côté la partie plus précieuse et vous focalisez sur autre chose, sur ce qui est extérieur, sur ce que font les gens…

Centrez-vous sur vous-même, sur vos objectifs et soyez un exemple pour les autres, soyez le changement que vous voulez voir dans le monde, Faites quelque chose qui mérite d’être écrit, et écrivez quelque chose qui mérite d’être lu. 

 

Karim KANOUTE.